AMIRAULT Henri

AMIRAULT Henri
Loudun 10 juin 1834–Parthenay 18 janvier 1914

Henri Amirault naît le 10 juin 1834 à Loudun (Vienne), rue Porte de Chinon.
Issu d’une famille de négociants, il choisit très jeune une voie militaire et s’engage à l’École navale, où il se forme comme officier et deviendra Capitaine de vaisseau.
Durant sa carrière dans la Marine française, Amirault effectue plusieurs missions : il participe à des campagnes en Extrême-Orient, notamment en Cochinchine (Vietnam) et au Cambodge.
Ces voyages lui donnent l’occasion d’exprimer son sens artistique : bon dessinateur, il réalise de nombreux croquis et aquarelles inspirés des paysages, des cultures locales et des cérémonies auxquelles il assiste.
Au fil des années, il côtoie des artistes et peintres : à son retour en France, il se lie notamment avec Charles Le Roux et Emmanuel Lansyer, qui exercent une influence importante sur sa pratique picturale.
En 1879, il décide de quitter la Marine, prend sa retraite et s’installe définitivement à Parthenay (Deux-Sèvres), son épouse étant originaire de Chiché, distant de 18 km.
Une fois à Parthenay, Amirault consacre son temps à l’art. Il peint des paysages, des scènes de la ville, et expose dans des salons régionaux.
Son style pictural reste assez sobre : il privilégie l’observation attentive et un rendu réaliste des formes.
Mais son ambition artistique ne se limite pas à la peinture. En 1882, il cofonde avec Prosper Jouneau la Société des Faïences d’art de Parthenay, dans le but de relancer une tradition de faïence fine, inspirée des modèles de la Renaissance (notamment la faïence dite de Saint-Porchaire).
Grâce à son apport financier et à son intérêt artistique, l’atelier se développe, même si les débuts sont difficiles.
À partir de 1891, suite à des tensions avec Jouneau, Amirault prend la direction de l’atelier.
Sous sa houlette, la production évolue : il conçoit des pièces de grande dimension (vasques, grandes aiguières, vases d’apparat), souvent ornées de motifs complexes : feuillage, dragons, chimères, motifs néo-gothiques, animaux fantastiques – un mélange d’inspiration végétale, animale et féerique.
Techniquement, les faïences de Parthenay sous Amirault témoignent d’une grande maîtrise : décor « pâte sur pâte », glaçures fines et application de reliefs sculptés.
Son style s’inscrit dans une démarche de renouveau et d’imitation des faïences de la Renaissance, tout en y ajoutant sa touche personnelle.
Pendant cette période, la faïencerie acquiert une certaine reconnaissance : certaines pièces sont présentées dans des expositions, et l’atelier gagne petit à petit sa réputation dans les cercles de collectionneurs.
En 1902, face à des difficultés financières et à l’évolution des goûts, Amirault confie la direction de la faïencerie à Édouard Knoëpflin, qui apportera de nouvelles influences et techniques.
L’atelier, cependant, ne connaît pas un renouveau durable : la production est restreinte, et la société reste de petite taille.
Sur le plan personnel, Henri Amirault reçoit des honneurs : il a été fait chevalier puis officier de la Légion d’honneur.
Il continue à peindre et à participer à la vie artistique de Parthenay jusqu’à la fin de sa vie.
Henri Amirault meurt le 18 janvier 1914 à Parthenay, après une longue maladie.
À sa mort, l’atelier subit des difficultés : les dettes ne sont pas négligeables, et ses biens sont dispersés.
Son héritage artistique est toutefois bien vivant : le musée Bernard d’Agesci à Niort conserve plusieurs pièces de faïence de Parthenay signées « AP » (initiales d’Amirault), notamment des vases, des aiguières, des coupes décorées.
Le parcours muséal de Parthenay lui rend hommage, notamment dans le nouveau parcours du 2ᵉ étage du musée, qui met en lumière son rôle central dans la faïencerie de la ville.
Sur le plan plus large, la contribution d’Amirault à la faïence fine poitevine est reconnue par des historiens : la Revue de la Société des Amis du musée national de la Céramique a consacré des études à la « renaissance » de la faïence de Saint-Porchaire à travers Parthenay, soulignant le rôle d’Amirault dans cette aventure artistique.
Henri Amirault est une figure singulière du XIXᵉ siècle : officier de marine ayant parcouru le monde, il a su transformer ses voyages en source d’inspiration artistique. En choisissant Parthenay comme lieu de résidence à la retraite, il n’a pas seulement peint : il a fondé une faïencerie, financé, dirigé, conçu des pièces d’art, et marqué durablement le patrimoine céramique français. Son œuvre témoigne d’un pont entre l’histoire navale, l’art pictural et l’art artisanal, et son empreinte reste visible aujourd’hui dans les musées et les collections privées.

Parthenay : Sépulture AMIRAULT Henri

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