ROUCHEAU Roger

ROUCHEAU Roger André Fernand
Bournand 17 février 1937 – Loudun 15 juin 2022
Entrepreneur

Discours en hommage à ROUCHEAU Roger

Mesdames, Messieurs, chers amis, chère famille,
Nous sommes réunis aujourd’hui mercredi 15 Juin 2022, pour saluer le départ de Roger des soins palliatifs de l’hôpital de Loudun, à qui je rends un grand hommage pour l’accompagnement en douceur jusqu’à son dernier soupire, mais surtout pour célébrer un parcours de Vie exceptionnel. Si l’on devait résumer Roger en quelques mots, ce serait : Le Courage, le Travail et la Sensibilité.
Tout commence pour lui par une épreuve de jeunesse, celle du devoir. Après trois ans de service militaire, il est jeune appelé du contingent lors de la guerre d’Algérie pendant deux ans, Roger en est revenu avec cette Force de caractère qui ne le quittera plus jamais.
A son retour, il a choisi l’Amour et la famille en épousant Raymonde GARREAU puis reprend la petite entreprise familiale de Récupération de Eugène et Marie GARREAU, 1 Route de Monts s/ Guesnes à Loudun.
C’est là, auprès de ses beaux-parents, qu’il fait ses premières armes.
A l’époque en 1960, on ne parlait pas encore d’écologie ou d’économie circulaire. Roger était chiffonnier, récupérateur de ferraille, il achetait des peaux de lapins et de sauvagines, des meubles anciens, de la plume et de la laine, de la ferraille, cartons et journaux puis vendait aussi de la vaisselle en passant dans les fermes avec le mille kilos RENAULT gris. Il débarrassait les maisons, découpait la ferraille au chalumeau, faisait des balles de cartons et de chiffons, tout cela à la main.
C’était un métier très rude, un métier d’humilité. Mais Roger avait ce que peu d’hommes possèdent : Une vision.
Il a regarder sa ville grandir, il a vu la Zone Industrielle sortir de terre, il a vite compris avant tout le monde que le Futur se trouvait dans ce que les autres jetaient. A force de courage, avec un sens des affaires hors du commun, il s’est installé dans un premier temps sur le quai de la gare de Loudun où des pyramides de ferrailles déchiraient le ciel il chargeait avec sa premiere grue, une proclain TY 45 rouge, les wagons de métaux qui partaient ensuite vers l’Espagne et l’Italie par la voie ferrée, déjà à ce moment là.
La Zone Industrielle qui commençait à bien se développer, il a installé ses premières bennes bleues pour récupérer carton, ferraille et métaux de tous genre des usines, en transformant petit à petit sa petite entreprise artisanale de Récupération en une des plus grandes Socièté de Recyclage de la Région du Loudunais et ses alentours.
Roger était un bâtisseur, un homme de terrain qui s’est façonné lui-même. Il aimait le travail bien fait, le bruit du métal qui tombait dans le fond des poids lourd et le grincement de sa presse à carton électrique, une première dans ce secteur d’activité. Il a honoré son métier jusqu’à son dernier souffle, car pour lui travailler n’était pas une contrainte, c’était sa façon d’exister, de contribuer, de rester debout, toute sa Vie il s’est battu corps et âme pour son entreprise, c’était « son bébé » mais surtout c’était pour rendre hommage à son beau-père Eugène GARREAU qu’il aimait particulièrement.
Limiter à sa réussite professionnelle serait oublier l’essentiel, Roger c’était aussi – et surtout – une main tendue, avec une parole, pas besoin de signature et de paperasse sans fin ; une seule poignée de main suffisait.
Derrière la stature du chef d’entreprise se cachait un homme profondément blessé par la vie, sympa,d’une générosité naturelle envers ses amis et souvent prêt à rendre service à son entourage. Il n’oubliait jamais d’où il venait, il traitait chacun avec le même respect, qu’il soit un grand industriel ou une simple connaissance. Il avait un caractère bien trempé et ne se laissé pas marcher sur ses plates-bandes, il avait un bon discernement pour reconnaître le faux du vrai, pas fière de sa réussite ni de sa personne, un homme simple qui aimait les belles choses avec une mémoire infaillible, tout ce qui rentrait sur le site de son entreprise, il savait où le retrouver, il connaissait tous les noms de ses clients et de leurs familles, une culture générale très développée sur tous les sujets de conversations.
Et son camion dans lequel il a passé les 3/4 de son existence, à trois semaines de nous quittait il montait encore derrière son volant avec ses deux béquilles ne pouvant plus marcher à cause de ce maudit cancer. Souvent dans ses conversations il disait «  Tout vient à qui sait attendre ».
Roger tu as eu un parcours brillant. Tu as transformé le plomb en or comme un véritable alchimiste et les difficultés en succès. Aujourd’hui, les bennes bleues sont toujours sur le terrain des entreprises de la Zone Industrielle et la grande porte de ta Société s’ouvre tous les matins et ton exemple, lui, reste bien vivant et ton Nom est encore prononcé par tous ceux qui t’on connus.
Papa, tu as amplement mérité ton repos. Merci pour tout ce que tu m’as appris, merci pour l’homme que tu as été.
Repose en paix, papa.

Ta fille unique qui t’aime. Dominique

Militaire

Dans son bureau

Avec ses chiens

Il repose dans le cimetière de Loudun

Chemins
Cimetière de Loudun